Plan Relance logement 2026 : tout comprendre du nouveau dispositif fiscal Jeanbrun

Face à une chute de 15 % de l’offre locative en cinq ans, le gouvernement lance un plan ambitieux baptisé “relance logement”. Annoncé le 23 janvier 2026, ce dispositif fiscal inédit vise à construire 2 millions de logements d’ici 2030. Comment fonctionne-t-il ? Qui peut en bénéficier ? On vous explique tout.

Pourquoi un plan relance logement ?

Le marché immobilier français traverse une crise. L’offre locative s’est effondrée de 15 % en seulement cinq ans, pénalisant particulièrement les étudiants, les apprentis et les jeunes actifs. Dans le même temps, les mises en chantier de constructions neuves ont chuté drastiquement.

Pour inverser cette tendance, le gouvernement déploie un ensemble de mesures fiscales, financières et réglementaires visant à augmenter rapidement le nombre de logements disponibles partout en France. L’objectif : atteindre un rythme de 400 000 logements construits par an pour totaliser 2 millions de nouveaux logements d’ici 2030.

Concrètement, le plan vise à construire dès 2026 :

  • 50 000 logements locatifs privés neufs
  • 125 000 logements sociaux

Le dispositif fiscal Jeanbrun : pour qui et pour quoi ?

Au cœur de ce plan se trouve un nouveau dispositif fiscal attractif, également appelé dispositif Jeanbrun, du nom du ministre du Logement. Disponible pendant les trois prochaines années, il est ouvert à tous les particuliers souhaitant investir dans un logement locatif.

Le dispositif concerne les logements situés dans des immeubles collectifs, partout en France, sans zonage restrictif. Deux catégories de biens sont éligibles :

Les logements neufs : tout appartement acquis neuf dans un immeuble collectif

Les logements anciens rénovés : à condition de réaliser des travaux représentant au moins 30 % de la valeur du bien, permettant ainsi de remettre sur le marché des logements existants

Comment fonctionne le dispositif fiscal ?

Le mécanisme repose sur deux piliers fiscaux qui se cumulent pour maximiser l’avantage pour l’investisseur.

L’amortissement du bien

Première innovation : le propriétaire peut déduire de ses revenus locatifs une partie du prix d’achat du logement. Cet amortissement permet de réduire considérablement, voire d’annuler totalement l’impôt sur les loyers perçus. Le plafond est fixé à 12 000 euros par an.

La déduction des charges et des autres revenus

En complément, l’intégralité des charges liées à la location est déductible : travaux, intérêts d’emprunt, taxe foncière, frais de gestion, etc. Si ces déductions créent un déficit foncier, celui-ci peut être imputé sur les autres revenus du foyer (salaire, pension de retraite) dans la limite de 10 700 euros par an.

Cette double déduction rend l’investissement locatif particulièrement attractif sur le plan fiscal.

Les conditions à respecter impérativement

Pour bénéficier de ces avantages fiscaux, plusieurs engagements doivent être respectés :

Durée de location : le logement doit être loué en tant que résidence principale pendant 9 ans minimum. Cette durée s’inspire des dispositifs antérieurs (Pinel, Denormandie).

Plafonds de loyers : en contrepartie de l’avantage fiscal, des plafonds de loyers s’appliquent selon trois niveaux (intermédiaire, social, très social). Cela garantit l’accessibilité des logements pour les ménages modestes et moyens.

Interdiction de location familiale : pour prévenir les abus et fraudes, il est interdit de louer le logement à un membre proche de sa famille (parents, enfants, frères et sœurs).

Localisation : le bien doit obligatoirement être situé dans un immeuble collectif. Les maisons individuelles sont donc exclues du dispositif.

Au-delà du fiscal : simplifier la construction

Le plan Relance logement ne se limite pas aux incitations fiscales. Il inclut également des mesures structurelles pour débloquer la construction :

Simplification du droit de l’urbanisme : rapprocher la prise de décision du terrain pour accélérer les autorisations de construire.

Transformation de bureaux en logements : faciliter et accélérer les reconversions pour augmenter rapidement l’offre.

Soutien à la rénovation énergétique : aider les propriétaires à remettre sur le marché les logements classés F et G (passoires énergétiques), avec des financements adaptés pour le parc social.

Zones à bâtir d’urgence : dans les territoires dynamiques où la demande est forte, des outils seront mis à disposition des maires volontaires avec des dérogations ciblées aux normes pour construire plus vite, tout en garantissant la qualité.

Protection des propriétaires : sécuriser les bailleurs contre les impayés de loyer pour lever un frein majeur à l’investissement locatif.

Un projet de loi sera présenté au Parlement pour renforcer la capacité d’action des élus locaux sur ces questions de logement.

Un dispositif accessible à tous

L’un des atouts majeurs du plan Relance logement est son caractère universel. Contrairement aux dispositifs précédents qui limitaient les investissements à certaines zones géographiques, celui-ci s’applique partout en France. Que vous investissiez à Paris, Lyon, Marseille ou dans une ville moyenne, les avantages fiscaux sont identiques.

Cette approche vise à rééquilibrer la construction de logements sur l’ensemble du territoire et à répondre aux besoins locaux, qui varient considérablement d’une région à l’autre.

À retenir

Le plan Relance logement 2026 représente une opportunité majeure pour les particuliers souhaitant investir dans l’immobilier locatif tout en bénéficiant d’avantages fiscaux substantiels. Avec un objectif de 2 millions de logements construits d’ici 2030, ce dispositif ambitieux vise à répondre à la crise du logement qui frappe particulièrement les jeunes et les ménages modestes. Simple à comprendre, ouvert à tous et applicable partout en France, le dispositif Jeanbrun pourrait bien relancer durablement le marché de la construction tout en rendant le logement plus accessible.